Beyond love

Beyond love, by Killian

Anne St Marie, par Karen Radkaï.

Si les récents Voulez-vous coucher avec moi et Imperial tea sont respectivement d’une rare vulgarité et banalité, la première collection de Kilian, L’œuvre noire, me frappa par sa beauté frigide. Et ʻBeyond loveʼ, que je redécouvris récemment, n’échappe pas à cette fatalité.

La perfection est la beauté, mais elle n’est pas le sublime. Ni l’équilibre des matières, ni la maîtrise des techniques, n’instillent une émotion; l’art devient, ainsi conçu, un artisanat. Et l’habileté du travail réduit la perception de la création à la pure intelligence. Cela est désespérant.

Si le traitement rigoureux de la tubéreuse inscrit, à l’évidence, Beyond love à la suite d’un Fracas, l’impression, qui domine, est celle d’une frigidité, d’une distance, plus exacerbées encore que dans le soliflore de Germaine Cellier, qui, artiste, croqua une femme glaciale. Mais elle sut lui distiller subrepticement une sensualité, un orgueil.
Au contraire, la frigidité de Beyond love n’est pas olfactive, elle est émotionnelle. Et de cette sculpture irréprochable, idéale, il ne se dégage rien, si ce n’est une séduction morte.

Beyond love, Calice Becker, By Kilian in L’œuvre noire, 2007.

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